Vos enfants et le cannabis


BEH (Bulletin Épidémiologique Hebdomadaire)
23 mars 2004 - N°13/2004

  Usage du cannabis à la fin de l'adolescence


Les chiffres - Le Parisien avril 2004

  1er partie de l'article

  2ème partie de l'article


 


Fumer pourquoi ?

« Dans le temps», le tabac et l'alcool représentaient l'interdit ...Aujourd'hui, pour les jeunes, l'interdit c'est le cannabis, leurs parents fumant (du tabac) et buvant de l'alcool), un peu, beaucoup ou pas du tout ; toutefois, le fait que les parents ne consomment pas de produits psychoactifs n'induit pas systématiquement une abstinence chez les enfants. Selon l'INSERM, en fonction de « la qualité des liens qui unissent parents et enfants, ceux-ci adopteront certains comportements de consommation ou de relative abstinence en s'écartant ou en restant proches du modèle proposé par leurs parents ».

Si le premier joint est fumé avec ses pairs, c'est probablement par curiosité mais aussi pour «faire comme les autres», pour appartenir au groupe. Cette appartenance au groupe est primordiale à l'adolescence. « À défaut de caractériser l'initiation au cannabis comme un facteur de déviance, on pourrait la qualifier comme un marqueur de prise d'autonomie. Il ne s'agit pas de dire que l'initiation au cannabis correspond à un stade «normal» du développement des jeunes, mais simplement de remarquer qu'elle est un des marqueurs, parmi d'autres, de la prise de distance, des jeunes par rapport à leur famille. Après l'initiation, la consommation régulière de cannabis s'affirme comme un mode de réponse possible à certaines situations difficiles, sans qu'il soit possible d'inférer là un lien causal. Les situations de détresse psychique (dépression, anxiété, difficultés interpersonnelles et obsession) et de stress facilitent les usages de cannabis, alors utilisé comme anxiolytique autoprescrit ».

(INSERM p. 344)